
Mario Dumont doit trouver le temps long par les temps qui courent. Heureusement qu’il a eut le rapport Castonguay pour ajouter un peu de soleil à la grisaille de son quotidien, parce qu’on ne donnerait pas cher de la peau du député de Rivière-du-Loup.
À ce sujet, c’était mignon de voir l’excitation des rejetons de l’ADQ devant certaines recommandations du rapport.
C’était drôle en effet de voir « Crazy Johanne » s’égosiller sur toutes les tribunes pour dénoncer l’aveuglement idéologique du dissident Michel Venne, le couillonnage de Couillard sur la taxe de vente. C’est ça, la force du changement qui souffle sur le Québec ? Bon sang ! Trouvez leur un conseiller en communication ou encore un psychiatre ! Payé au moyen d’assurance privée s’il le faut !
Parce qu’en matière d’aveuglement idéologique, les tenants du privé en santé ne sont pas mauvais quand même. Non mais, est-ce que quelqu’un peut m’expliquer en quoi confier la gestion de certains hôpitaux à l’entreprise privée viendrait régler les problèmes d’attente et de financement ? C’est quoi ? Quand un gestionnaire issu du privé rentre dans un hôpital, il trouve plein d’argent qui traîne dans les tiroirs et plein de pilules cachées dans des placards par les méchants syndicats ? Je cherche désespérément à me faire expliquer l’effet que l’on recherche par cette recommandation (une de celles que Couillard a salué d’ailleurs), mais personne n’y arrive.
« Ben oui mais, le privé, c’est mieux géré, c’est connu. » Ha ok… Ça c’est du pragmatisme !
Il en va de même avec l’idée de décloisonner la pratique médicale et permettre, ainsi, aux médecins de pratiquer dans le privé quand ils ont atteint leur plafond de rémunération dans le public. Moi, en principe, je n’ai absolument rien contre, mais est-ce que quelqu’un peut seulement m’expliquer où est-ce qu’on va prendre le personnel infirmier pour les assister, alors qu’il fait déjà défaut ? Encore une fois, ça répond aux abonnés absents quand on pose la question.
Mais bon, ils vivent leur heure de gloire, on est content pour eux. Ce n’est pas tous les jours qu’un ancien ministre libéral vient confirmer toutes les thèses que tu défendais avant de changer d’idée deux ou trois autres fois. À ce sujet, soulignons avec bonheur que le PQ n’est plus le seul parti mal pris avec ses belles-mères. Celles du PLQ se portent très bien elles aussi.
Mais là où, cette semaine, l’ADQ a atteint son plus haut niveau d’incurie, c’est certainement lors de la conférence de presse de Mario Dumont jeudi dernier.
« C’est un gouvernement au bout du rouleau, il faut un remaniement, nous voulons du changement.
- Ha bon, demande un journaliste. On doit donc en comprendre que vous envisagez de faire tomber le gouvernement ?
- Ha non ! Héhéhé… Les Québécois sont pressés d’avoir du changement, mais pas pressés d’aller en élections ! »
Hmmm… Voilà qui tranche avec l’arrogance du printemps dernier, lorsque Mario Dumont annonçait d’emblée qu’il voterait contre le budget et ce, avant même de l’avoir vu. « Le travail de l’opposition est de s’opposer » disait-il alors, semblant s’étonner lui-même d’entendre sa propre voix prononcer ces mots.
Mon ami lattachepol soulignait à juste titre, il y a quelques mois, le cynisme de laisser entendre d’emblée qu’il appuierait le budget libéral de cette année.
Coudonc Mario, qu’est-ce qui a donc changé cette année ?
Ce serait pas les sondages ? Ben non, quand même, à l’ADQ, on a une nouvelle façon de faire de la politique, n’est-ce pas ?
Mais bon, il fallait bien donner le change, et les spin doctors de l’ADQ se sont aperçus, en suivant les tribulations de leurs amis conservateurs aux nouvelles (à TQS), que l’opposition, elle peut faire ça, elle, fixer des conditions pour appuyer un budget.
Ben quin !
Bon. Les demandes de l’ADQ coûtent plus d’un milliard de dollars (« Responsables et autonomes, nous à l’ADQ, on laisse pas la facture à nos enfants ! »). Quand on sait que les nouvelles dépenses d’un gouvernement à l’intérieur d’un mandat de quatre ans tournent autour de quatre milliards, on se rend bien compte que Taillon et Dumont ne pouvaient pas se croire eux-même alors qu’ils formulaient leur demande.
Encore que…
Je vous laisse sur cet éditorial vitriolique de Jean-Robert Sansfaçon, publié dans le Devoir de ce matin.
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