Publié par : V | Vendredi, 29 février 2008

Les complexes de persécution : un mal qui se soigne

J’ai lu ça ce soir sur un blogue adéquiste. Ça m’a bien fait marer :

“Si elle avait été plus loin, on l’aurait coupé au montage…
Si elle avait voulu avoir des propos plus complets, elle aurait dit que non seulement les voteurs adéquistes n’ont pas de cornes… Elle aurait mentionné que, contrairement à beaucoup de leurs compatriotes, ils se sont débarrassés de leurs œillères… Ils ne croient plus au modèle québécois… et veulent la fin de l’Illusion Tranquille…
Et ça, ça ne passera jamais à Radio-Canada, même si M. Lepage le voudrait… “

L’intervenant, anonyme évidemment, faisait référence à une citation de Marie-France Bazzo, prononcée lors de son passage à Tout le monde en parle dimanche dernier, où elle expliquait qu’elle connaissait des gens qui avaient voté pour l’ADQ, que ce n’étaient pas tous des idiots et que plusieurs l’avaient fait pour de bonnes raisons.

Je ne veux m’étendre sur le propos. C’est juste que ça me rappelait une réflexion que j’avais mené sur mon autre blogue sur les complexes de persécution qui agitent la gauche et la droite. C’est ici et . Deux autres articles dans la même lignée, en cliquant sur ce lien-ci et ce lien-là.

Je dis tout ça, parce que l’on est souvent prompt, dans le débat politique à évoquer la persécution, l’hégémonie (prétendue) de l’autre camps pour expliquer ses défaites et ses erreurs. Comme le type, anonyme, dont je parlais plus haut.

Ainsi, Radio-Canada ne laisserait plus parler les gens de droite astheure ! Vous avez déjà vu Johanne Marcotte ou Claude Castonguay au Téléjournal vous autres? Oubliez ça, vous avez dû rêver, y paraît…

La vérité c’est qu’il y a un équilibre. Le Journal de Montréal a Nathaly Elgrably comme chroniqueuse, ils ont Julius Grey aussi. Marie-France Bazzo reçoit aussi souvent Mathieu Bock-Côté à son émission qu’Hélène Pedneault. Le Devoir a Gil Courtemanche comme chroniqueur, mais aussi Norman Spector, un ancien directeur de cabinet conservateur. La Presse a Pratte, Dubuc, Marrissal, Gagnon, Boisvert et Foglia de fédéralistes et ils ont… ils ont… ils ont Réjean Tremblay, tiens, qui est souverainiste ! Bon, ok… j’avoue… ici, c’est pas full équitable.

Où est-ce que je veux en venir ? Je veux en venir que c’est comme ça au PQ aussi ! Oui oui ! Au PQ aussi, il y a plein de gens qui ont des complexes de persécution.

Ainsi, chaque fois que quelqu’un aspire à un poste, ça devient toujours un combat à savoir qui se distanciera le plus de la permanence, qui est le plus du bord des militants. C’est vraiment comique. Le PQ a une direction, laquelle est élue légitimement par l’ensemble des membres, et ça devient une course à savoir qui a le moins d’influence sur cette même direction. Comique quand même, mais c’est le PQ. Que voulez-vous, c’est une bien drôle de bibitte politique.

Un autre exemple de ce qui revient souvent dans une élection au PQ, mais particulièrement dans l’aile jeunesse. Invariablement, un candidat finit par dire : “En tous cas, nos informateurs chez les libéraux nous disent qu’ils ont une moyenne peur que ce soit moi qui rentre : ils savent que mon adversaire leur fera moins mal en débat…” Je vous le dis, ça finit toujours par sortir à un moment où un autre.

Tout ça pour dire que c’est cave. C’est cave, les adéquistes qui expliquent leur nullité  par un prétendu complot médiatique. C’est cave les gauchistes qui disent que Québec Solidaire n’a pas d’appui parce que les médias ne parlent pas d’eux. C’est cave les candidats à une fonction au PQ qui se définissent ou tentent de définir leurs adversaires par leurs liens avec la permanence ou la perception que les jeunes libéraux ont d’eux.

Parlons donc de nous ! Les gens, en général, n’aiment pas les perdants, ne choisissent pas les victimes. Ils aiment les gagnants, ceux qui sont en contrôle sur leur vie. Pas ceux qui expliquent toujours leurs insuccès par la faute des autres. Définissez-vous, expliquez qui vous êtes, ce que vous voulez faire, attaquez les autres sur leurs idées, pas sur leurs fréquentations ou sur la fois qu’ils vous ont fait chier. Ce sont des arguments de losers ça.

En conclusion, souvenons-nous qu’au PQ, personne n’a le monopole de l’indépendance, nous le sommes tous, c’est la direction dans laquelle nous regardons. Là où ça se corse, c’est sur les moyens d’y parvenir.

Pour cette raison, personne ne peut prétendre avoir le monopole de l’unité. C’est la manière de la créer qui fait débat. Aux yeux de certains, c’est en reconnaissant l’autorité prétendue d’un président. Aux yeux des autres, c’est par l’action, le volontarisme, le dynamisme, le leadership en somme, que l’on prend la direction que l’on souhaite.

Voilà où en est le débat qui nous anime. 


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